Avis de la rédaction

Uncharted 3 : L’Illusion de Drake est disponible maintenant depuis environ un mois et le titre s’est déjà vendu à plus de trois millions d’exemplaires. Accueilli à bras ouvert par la presse et les joueurs, ce troisième opus a tenté de réitérer le succès de l’épisode précédent tout en apportant son lot de nouveautés. Un pari difficile mais pas impossible pour Naughty Dog.

El Dorado, Shambhala, l’Atlantis des Sables…

Tandis que Among Thieves plaçait le joueur au cœur d’une véritable guerre contre un dangereux criminel et Drake’s Fortune dans une aventure plus intimiste au beau milieu d’une île inexploré, Drake’s Deception a trouvé le juste milieu pour offrir l’histoire – peut-être – la plus intéressante à vivre. Toujours aussi « hollywoodiennes » les aventures de Nathan Drake ne seront pas de tout repos et notre héros devra traverser un bon nombre d’épreuves dans sa quête de l’Atlantis des Sables…

L’aventure se concentre sur les personnages en leur donnant de l’épaisseur et un background que les fans attendaient, le scénario réserve un bon nombre de surprise et permet de découvrir d’autres aspects de la personnalité des différents protagonistes récurrents de la série.

On regrette cependant quelques zones d’ombres et des enchaînements pas toujours aussi efficaces que dans les précédents épisodes. Où Among Thieves maîtrisait totalement tous les ressorts de narration Drake’s Deception se perd un peu dans son sujet. De plus quelques mécanismes narratifs du second épisode ont été repris donnant l’impression au joueur de vivre parfois une aventure qu’il a déjà vécue. On flirt grandement avec la limite de la redite. Toutefois, l’histoire n’en reste pas moins saisissante et ponctuée de surprises qui nous feront voyager de Londres jusqu’au centre désert de Rub’ Al-Khali en passant par la France, et ce, pour notre plus grand plaisir, malgré les zones d’ombres et quelques raccourcis un peu trop faciles.

Un gameplay maîtrisé

La force du titre réside dans son gameplay, simple, accessible et efficace. Même si ce dernier respecte les grandes lignes des anciens Uncharted, Naughty Dog a su améliorer la maniabilité de Nate en lui offrant plus d’animations et d’interactions avec son environnement. Alternant les phases de gunfight, d’explorations, d’infiltration et d’énigmes, le joueur sera souvent invité à varier son approche d’un niveau à l’autre.

On peut cependant noter deux grandes améliorations : les énigmes et les combats de mêlées. La philosophie des énigmes et des puzzles à résoudre a été totalement repensée, Naughty Dog a enfin trouvé le juste milieu entre difficulté et accessibilité. En effet, l’époque où le journal de Drake apportait toutes les réponses est révolue. Même si ce dernier permet de glaner quelques indices, vous êtes dorénavant seul devant votre casse-tête. Une vraie avancée qui rend la résolution des puzzles beaucoup plus gratifiante quelle ne l’était auparavant, l’impression d’être un vrai chasseur de trésors en ressort donc évidemment amplifiée.

Concernant le corps à corps nous avons ici aussi à faire à une copie revue et corrigée. Agrémentés de QTE (Quick Time Event, actions contextuelles) et d’animations supplémentaires, les combats deviennent plus intéressants et dynamiques à jouer. Mais ce n’est pas tout, dorénavant Nathan Drake s’aidera de son environnement pour neutraliser ses ennemis comme en s’aidant par exemple d’un rebord d’une table avoisinante pour aplatir le visage d’un adversaire. Ce genre d’animations donne des séquences plus cinématographiques, mais peuvent frustrer quelques joueurs qui y verront des éléments trop scriptés. Tel est le dilemme d’Uncharted : script ou liberté.

Ces modifications qui concernent autant les mécaniques profondes ou des détails de gameplay permettent de renouveler les différences phases de jeu tout en gardant l’esprit de la série, le soft profite donc plus que jamais d’une jouabilité exemplaire. Notamment lors des passages sur des environnements en mouvements qui donnent plus que jamais l’impression d’être au cœur d’une cinématique.

La technique au service de l’artistique

Une nouvelle fois, la saga Uncharted s’impose comme une licence phare dans le domaine du rendu graphique. Si le cap n’est pas non plus aussi impressionnant qu’entre les deux premiers épisodes, le tout est globalement plus beau avec un affinage des textures, visages et autres modélisations…

Si l’aspect purement technique est beaucoup mis en valeur, n’en oublions pas la direction artistique du soft (et de la licence en général) qui propose une « réalité stylisée » selon les mots de Christophe Balestra. En effet, Uncharted 3 offre une quantité de couleurs, d’effets de lumières impressionnants, le tout lié à une technique de haute volée. La technique est belle et bien au service de l’artistique.

Les animations sont aussi une force d’Uncharted, celles-ci sont criantes de vérité et rendent Nathan plus vivant que jamais. Prenant appui contre un mur, trébuchant sur le sable, se courbant à l’approche des flammes, etc… Et la liste est longue. On peut ressentir la fatigue dans ses mouvements, au rythme de sa respiration ou de la façon dont il va poser le pied à terre. Le tout ancré dans les différentes phases du jeu rendant l’immersion quasi-immédiate. En effet, il s’agit moins de jouer avec Nathan Drake que de l’incarner.

Un mot sur la bande-son, qui est tout simplement sublime. Greg Edmonson, le compositeur, a rendu un travail immense. Tout en proposant une suite logique dès thèmes précédents, le bougre apporte de nouvelles sonorités orientales qui s’accordent avec brio aux images qui défilent devant nos yeux en apportant le souffle et la dramaturgie des grands moments d’aventures.

Quant aux doublages, ils restent dans la veine de ce qui a été fait auparavant avec peut-être cette fois-ci moins d’erreurs de traduction. On ne pourra cependant que vous conseiller de jouer au titre avec le doublage original sous-titré français.

Un multijoueur plus que complet

Le mode solo se finira une première fois après environ dix heures de jeu. Mais Uncharted possède une rejouabilité que l’on connaît lui permettant de prétendre le double, voir le triple avec les différents modes de difficultés, ses trophées et ses trésors. Mais qu’en est-il du multijoueur ?

Pour définir le multijoueur il ne faudrait qu’un mot : complet. Le studio de californien offre aux joueurs un contenu incroyablement riche, dans le lot de nouveautés citons notamment les cartes évolutives avec des scènes de poursuite avec un avion, sur des trains en marches, tempête de sables, tout y est pour vous en mettre plein les yeux. N’oublions pas également la possibilité de customiser son personnage, ses armes et son emblème, mais aussi le système de camaraderie qui développe le jeu en équipe.

En parlant d’équipe, le mode coopération fait son grand retour, plus aboutit, plus complet. Il est possible de jouer jusqu’à trois à des missions coop scénarisées. Un vrai bonheur pour tous ceux qui aiment jouer dans un mode qui privilégie moins l’action personnelle que l’action groupée. Plusieurs niveaux de difficulté – dont le fameux mode extrême qui demandera de la persévérance et de la patience au plus acharné – sont disponibles pour les six missions proposées. Notons qu’il est dorénavant possible de jouer en écran scindé avec une deuxième manette autant en mode compétitif qu’en coopération, un plus à ne pas négliger.

Déception ?

Malheureusement le soft n’est pas exempt de défaut, on regrette, entre autre, un nombre trop important de bugs ou de freezes (blocage du jeu total nécessitant un redémarrage de la console) à cause du jeu. Même s’ils ne suffisent pas à nuire notre plaisir de jouer, il renforce l’idée que les jeux sont distribués sans être totalement finis et entièrement débugué. Au grand dam des joueurs.

On regrette aussi l’absence des médailles hors-ligne, mais aussi la disparition de la possibilité de changer de skin pour le solo, de pouvoir changer d’armes à volonté, des différents modes de rendus. Des bonus forts appréciés par la communauté. Dommage.

Enfin, il est aussi décevant de voir que la politique du DLC (contenu téléchargeable) a aussi gagné le studio Naughty Dog, quelques jours après la sortie du jeu, déjà, des skins étaient disponibles à l’achat. Certes ce contenu est optionnel et non nécessaire pour profiter du jeu, mais cela reste toujours dommage de voir ce genre de pratique se multiplier.

Ou chef-d’œuvre ?

Malgré tous ces petits points noirs, Uncharted 3 reste un jeu à part entière qui n’a rien à prouver. Le plaisir d’accompagner Drake dans cette aventure, de découvrir des secrets enfouis, de résoudre les énigmes est sans égal. Tout est réuni pour vous apporter l’expérience inédite que vous attendiez. De plus, Naughty Dog assure la maintenance de leur produit de façon très appliquée. Uncharted 3 est-t-il un chef-d’œuvre ? Question qui ne trouvera de réponse que dans l’avis de chacun d’entre vous. Mais une chose et sûr : ce jeu fait s’impose en tant qu’œuvre vidéo-ludique, ce troisième opus a su trouver le juste milieu entre le premier et le second épisode, pour offrir une Aventure avec un grand « A ».

Spectaculaire, grandiose et jouissif mais un poil court. Il n’y a pas de doute que c’est le digne successeur de Drake’s Fortune et d’Among Thieves. Uncharted 3 réussi là où on l’attendait. Peut-être un peu trop ? Même si le soft comporte son lot de surprise, la formule commence à être connue. Il n’en reste pas moins que le spectacle offert par Naughty Dog dans ce troisième opus définitivement époustouflant et que Uncharted 3 demeure comme l’un des plus grands jeux de cette génération.

 

Co-rédigé par Léo et Antoine.

Publié le 2 décembre 2011.